AFRIQUE

Et puis quoi encore ? Les jeunes filles se lèvent contre le mariage forcé

Sous l’impulsion de Plan International et le mouvement de filles Girl’s Motion, la campagne et puis quoi encore ? Est déclenchée. Lancé le 1er juin 2018, cette campagne vise à interpeller les acteurs concernés sur le mariage des enfants.

Malgré le dispositif légal existant au Togo fixant l’âge, minimum du mariage à 18 ans, le mariage des enfants persiste dans certaines communautés. Selon le Fonds des Nations Unies pour la Population, 25 % des femmes âgées de 18 à 24 ont été mariées avant leur 18e anniversaire. L’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) 2013-2014, établit que le taux de mariage de l’enfant serait beaucoup plus important dans les zones rurales (37 %) que dans les zones urbaines (19 %).

En outre, une étude menée récemment par l’Unité de Recherche Démographique (URD) de l’Université de Lomé montre que 30,5 % des femmes enquêtées ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Face à cette injustice sociale, la campagne « et puis quoi encore » veut faire ses preuves.

En quoi consiste la campagne ?

Et puis quoi encore ? C’est essentiellement des actions de sensibilisations et d’informations. Concrètement, des spots sont diffusés sur 24 radios en français et en langues locales pour faire passer le message « Avant 18 ans, école ou apprentissage, mais pas mariage », Ces spots seront également diffusés sur 2 chaînes de télévision en 3 langues.

Le message est d’encourager les parents à donner les opportunités aux filles de réaliser leur potentiel. Il s’agit également de renforcer la confiance des filles, à croire en elles-mêmes, de se fixer des objectifs pour réussir et avoir le contrôle de leur vie.

Cette campagne permettra par ailleurs de faire le suivi des engagements de Togblekopé avec les autorités traditionnelles et leaders religieux dans les différentes régions du Togo.
En effet, les autorités traditionnelles et religieuses ont adopté le 1er mars 2016 les Engagements Additionnels à la Déclaration de Notsé, portant lutte contre le mariage des enfants. Ils expriment la position des leaders traditionnels et religieux face au mariage des enfants et les mesures à prendre pour en finir avec ce fléau.

Plus de deux ans après ces engagements, il convient de faire le bilan de leur application dans les communautés. Essentiellement, ce sont les parents, les jeunes, la société civile et le gouvernement qui sont concernés par cette campagne. Les filles sont au cœur de la campagne en tant qu’actrices de changement et citoyennes engagées en faveur des droits des filles.

Précisons que le mariage des enfants viole les droits fondamentaux des filles à la santé, à l’éducation, à vivre en sécurité.Par ailleurs, cette pratique freine son développement personnel et l’expose à tous genres d’abus.

La campagne « et puis quoi encore » s’inscrit dans la campagne nationale de lutte contre le mariage des enfants lancée par Plan International Togo et ses partenaires : organisation de jeunes Girl’s Motion, Union des chefs traditionnels, Union Musulmane et Conseil Chrétien. Elle est financée par l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI).

Larissa AGBENOU

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